Gare Tigre & voies ferrées

Les voies ferrées sont indissociables du paysage minier. Dans un territoire de démesure comme la Guyane, où les gisements sont accessibles après des jours de pirogue, puis des jours des marche, le voie ferrée s'impose comme un moyen d'alimenter plus facilement les mines. Les voies ferrées rallient les mines aux grandes voies fluviales, mais rallient également toutes les étapes de l'exploitation aurifère... Sur les sites miniers, des voies ferrées sont installées pour le transport du minerai brut jusqu'aux usines de broyage et d'amalgamation de l'or. Les gisements du Sinnamary sont dotés de nombreuses voies étroites de type Decauville (écartement des rails compris entre 60 et 40 cm). La plupart d'entre-elles ne dépassent pas le kilomètre et sont dépourvues de tractions mécaniques. Cependant l'une de ces voies, celle reliant Saint-Elie à la crique Tigre (la rivière la plus proche du bourg de Saint-Elie), s'étendait sur 32,5 km et employait une locomotive à vapeur (O. PUAUX & M. PHILIPPE 1998).

Cette voie, dont subsistent 25 km, est construite à partir de 1887. Elle remplace une piste muletière reliant Saint-Elie à la crique Courcibo. Les 7,5 km restants, gare comprise ("gare Tigre"), sont engloutis par les eaux du lac de Petit-Saut en 1994. La locomotive utilisée est une machine 020-T Krauss probablement construite dans les chantiers Canon-Legrand, situés à Mons en Belgique (comm. perso. P. ROSTAND 2017). Elle dessert Saint-Elie à partir de 1891, toutefois, la courbure des virages et l’intensité des pentes amenèrent la Société des Mines de Saint-Elie à laisser la locomotive aux alentours de 1895. Elle est substituée par le tractage animal ou des "truck-mans". En tout, 24 hommes assuraient le transport de 11 cargaisons de 750 kg chacune, sur une distance de 32,5 km, et ce chaque mois. Ces hommes ébranlaient le convoi en simulant les "tuf-tufs" d'une locomotive (J. PETOT 1993).

Locomotive de la gare Tigre abandonnée depuis 1895, photo prise en octobre 1990 (photo couleur n°91, Inventaire photographique de Petit-Saut)

Gare Tigre en 1994, le lac est en cours de remplissage (photo de Alain Barreau)

Châssis de wagon utilisé sur la mine d'Adieu Vat entre 1890 et 1920 (photo, ADSPS 2017)

Bibliographie

PETOT J. (1993) - Histoire contemporaine de l'or de Guyane (de 1947 à nos jours). Editions L'Harmattan, Paris.

PUAUX O. & PHILIPPE M. (1997) – Archéologie et histoire du Sinnamary du XVIIe au XXe siècle. Documents d’Archéologie Française, n°60, éditions de la Maison des Sciences de l’Homme.

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