LA VIE SEXUELLE DES TERMITES... EN GUYANE

Date de visite : Avril 2019

 

Nous avons rencontré David Sillam-Dussès, Docteur en Biologie des Organismes (http://leec.univ-paris13.fr/new/pages/sillam/DSillam.html).

Il nous a raconté :

« J’étudie de nombreux aspects des termites, que ce soit leurs stratégies de reproduction ou de défense, leur évolution ou bien encore leur communication chimique. Cette communication s’effectue via des phéromones dont je cherche à identifier la nature et les effets comportementaux ».

Il expérimente les phéromones de piste notamment sur les termites de Petit-Saut. Les phéromones sont des molécules chimiques donnant différents types de messages (d’alarme, de piste, sexuel) et sont utilisées par beaucoup d’espèces animales ou végétales. Et oui les termites ne peuvent pas communiquer autrement, ils sont aveugles et sourds. Lorsqu’ils sortent du nid, les ouvriers sont obligés de déposer cette odeur appelée phéromone de piste afin de pouvoir retrouver leur nid une fois la nourriture récoltée.

Il nous l’a montré :

David dispose ces phéromones grâce à une seringue sur des feuilles de papier. La composition de ces phéromones est souvent spécifique à chaque espèce et à chaque message. L'expérience consiste à trouver la bonne recette de molécule pour synthétiser une phéromone semblable à une phéromone de piste produite par le termite. Plusieurs phéromones de pistes sont donc expérimentées.

Cette expérience, il l’a réalisé aussi à l’époque de sa thèse, il y a quelques années.

Pour voir la vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=GqGRIMCu8g8&t=548s
Certains travaux ont déjà été publiés et vous pouvez les télécharger ici : Hanus&Al

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« La thèse d’un de mes doctorants portait spécifiquement sur des termites collectés en Guyane et principalement à Petit Saut. Les colonies sont formées par un roi et une reine qui se reproduisent pour donner naissance à des ouvriers (qui construisent le nid, récoltent la nourriture et nourrissent les autres individus de la colonie qui ne sortent pas du nid) et des soldats (qui s’occupent de la défense du nid contre les prédateurs). Les ouvriers et les soldats sont stériles, seuls le roi et la reine se reproduisent. Lorsque la colonie est suffisamment mature, des imagos apparaissent dans la colonie. Ce sont des individus qui ont des ailes et qui peuvent se reproduire mais ils ne le font toutefois pas dans le nid dans lequel ils naissent. Ils s’envolent de ce nid, trouvent un partenaire sexuel (un mâle s’il s’agit d’une femelle, une femelle s’il s’agit d’un mâle) et ce couple nouvellement formé initie ensuite une colonie dont il deviendra le couple royal. Toutefois, les termites Embiratermes neotenicus et Silvestritermes minutus qui vivent en Guyane ont une stratégie originale. Bien que le roi vive une dizaine d’années, la reine ne vit qu’un an. Avant sa mort, elle est capable de créer des clones d’elle-même (par parthénogenèse) qui sont appelés reines secondaires. Ces reines, parfois très nombreuses (plus de 220 ont été observées dans un seul nid) se reproduisent avec le roi pour donner de nouveaux ouvriers et soldats, ce qui augmente considérablement le pouvoir reproducteur de la colonie et donc la taille de la colonie ».

Ces travaux ont déjà été publiés et vous pouvez les télécharger ici : Fougeyrollas2015, Fougeyrollas2017 & Fougeyrollas2018

« Cette thèse est terminée et ces travaux vont se poursuivre dans une nouvelle thèse qui commencera en septembre. Nous allons étudier les stratégies de dispersion de ces deux espèces de termite, E. neotenicus et S. minutus, dans le but de comprendre comment s’est faite cette dispersion au sein du continent sud américain. Pour cela, l’échantillonnage dépassera les frontières de la Guyane en allant en Colombie, en Equateur, au Surinam et au Brésil. Je vous en dirai plus dans trois ans ! ».


Rendez-vous pris dans 3 ans alors !!!

 

Nid d’Embiratermes neotenicus au pied d’un arbre.

Roi entouré de reines secondaires chez l’espèce Embiratermes neotenicus, trouvés dans un nid à Petit Saut.

(a) Nid de Silvestritermes minutus photographié à Petit Saut, (b) Reine primaire, roi, ouvriers, soldats et larve de Silvestritermes minutus, (c) Roi entouré de reines secondaires chez Silvestritermes minutus.

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